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Vendredi 14 mai 2010 5 14 /05 /Mai /2010 20:04

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Je vis sans oublier que je ne suis plus père.

Je vis sans oublier que je n’ai pas été fils.

Je vis avec au fond de moi des mots pour dire mes passés.

Je vis sans me priver du droit d’écrire pour me couper des miens.

Je vis sans les mêmes souffrances et j’aime cette condition.

Je vis libre de m’aimer enfin vivre au-delà de mes renoncements.

Je vis heureux car ces mots ne décrivent pas mon actualité…

Je vis alors j’écris !

 

 

 

A vous amis parfois en lecture de maux racontés

En instance d’explications à vous dire je vous écris

Je suis livreur de mots saturés de certitudes inventoriés

Homme apaisé je suis depuis que rejeté dans un défini

 

A des années violentées et définitivement compostées

Elles me gardaient captif d'une mémoire initiée et secrète

Je devais rétrocéder des passés trop composés et saturés

Acteur je suis dans une vie acceptée devenue concrète

 

J’ai eu des souffrances en auréole et des bonheurs encavés

Je suis de moi l’auditeur permanent confidentiel et ultime

Rescapé d'un passé sarcophage jusque tard jamais apaisé

De n'avoir point été raconté dans un écrit journal intime

 

Passé en torchis de sentiments définitivement calfeutrés

Obscur chantier d'une maturité délocalisée dans mes peurs

Moments d'une vie amorcée puis dans la douleur basculée

Sans nul autre tord que de n'avoir pas su être l'un des leurs

 

Pleurs étouffés haine quantifiée refus d'être par eux muselé

Heures en écoute de moi avant de souffrances m’absoudre

Paria dans une vie en maison de famille je m'y savais rejeté

Miséreux de survivre à tout instant sans jamais en découdre

 

Mois semaines jours heures d’écriture jamais livrées en pâture

Vendre mon âme serait là un indécent obstacle à notre amitié

Ecrire en sérénité car en vécu apaisé caviardé de ses ratures

En bordure de mes souffrances je déclame fort une vie aimée

 

Unique chronologie de mes renoncements celle de ma maturité

Morceaux de vie seulement contraints entre absence et silence

Années en attente vaine d’un retour dans mes droits d’aimer

Délivrance acquise et affirmée malgré je le sais son indécence

 

Homme et calendrier de ces vies enfin amputées de la mienne

Père privé de ses rêves mais homme avec lui-même réconcilié

Aucune autre gestion des sentiments d’avant qui me détiennent

Je me sais moi en trop tard d’espérance de retrouver ceux aimés

 

 

 

 

Par Marc de Metz - Publié dans : Poésie et écrits - Communauté : Les mots dans tous leurs états
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