Défiscalisation – La bataille de l’information par Denis Sieffert – Simulation Pinel sans engagement

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L’air était faussement décontracté, soumis à un code vestimentaire tellement parfait que c’était ridicule, nos ministres ont quitté l’hôtel Matignon dimanche en fin d’après-midi, comme s’ils revenaient d’un week-end. Une fin de campagne passée entre amis devant le foyer d'une cheminée rustique. C'était un séminaire de travail qu'ils quittaient. Et ces sourires affectés étaient probablement la première application des instructions d'en haut: feignez la force silencieuse et répétez-le à quiconque veut entendre que "la réforme sera faite". La méthode de Dr. Coué est la base de toute communication politique. Si les gens n'y croient pas, c'est bon pour le moral des troupes au moins.

Trois jours avant le début d'une épreuve de force visiblement très redoutée du pouvoir, le slogan était, semble-t-il, "saturer les médias!". Il faudrait tout de même savoir quoi dire au-delà des formules utilisées jusqu’à la corde. Parce que, pour l'exécutif, la bataille de l'information est mal engagée. Les éléments du langage – "justice", "égalité", "simplicité" – censés convaincre des vertus de la réforme des retraites sonnent creux dans la bouche de ceux qui les prononcent. En termes d'égalité et de justice, il est vrai qu'Emmanuel Macron a acquis une mauvaise réputation. De ce fait, la plupart des Français ont compris que la nouvelle répartition que nous voulons imposer ne concerne qu’une partie de la société et qu’il s’agit d’une division des classes moyenne et inférieure. Les très riches, ils ne participent pas à ce jeu.

Le discours sur les régimes spéciaux, pierre angulaire de la réforme, convainc de moins en moins. Pourtant, c'était intelligent: une "réforme universelle" qui nettoie ce maquis pour créer un régime unique, identique pour tous, qui était la marque du bon sens. Succès garanti pour le zinc du bistro et pour cette presse dite populaire qui parle le langage des gens simples en défendant les intérêts des riches. Cela a pris du temps, et d’autres informations, des journaux indépendants et des journalistes qui sont, parfois, dans certains grands médias, un travail syndical obstiné, Attac et la Fondation Copernic, et des économistes vraiment déconcertés, pour que les mots trouvent leur sens. Abolir les régimes spéciaux, même dans le cadre de la rhétorique de l’égalité, c’est ignorer la spécificité des métiers, nier la douleur de certains d’entre eux, et c’est enfin le contraire absolu de l’égalité. Et tout s’est avéré identique: l’égalité macronienne ignore les inégalités entre les sexes, les carrières chaotiques, la misère de la condition d’enseignement. Elle ne connait pas la vraie vie.

Au fur et à mesure que le débat avance, il était nécessaire que le gouvernement invente une compensation pour ses propres provisions. Ainsi, le fameux point, dont nous ignorons toujours la valeur, mais qui devrait remplacer le système trimestriel en soumettant les pensions à des turbulences financières, serait "un sanctuaire". Si on en croit Bruno Le Maire. Et les enseignants, dont les pensions s'effondreraient, seraient "améliorés". On nous dit de lâcher la proie pour l'ombre. Le discours ne passe plus.

Au plus fort de l'embarras, un ministre dit que le "Le texte n'est pas encore écrit". Et le dernier mode de défense consiste à brouiller les pistes concernant le calendrier d’application et la génération des actifs impliqués. Le gouvernement, qui n'a que le mot "solidarité", dit aux employés: "N'allez pas manifester, car vous ne serez peut-être pas touché par la réforme. Ils protesteront parce qu'ils ne croient plus en rien de ce gouvernement.

La difficulté est telle que certains supports les habituels lâchent Emmanuel Macron. L'éditorialiste de Monde voir les dégâts et juger la réforme "Illisible". L'économiste libéral Nicolas Baverez observe, mort dans l'âme, que cela aggravera les déficits. Laurent Berger, lui-même patron de la CFDT, pourtant prêt à servir, est repris par sa base. Quant aux ministres, ils souffrent. On leur demande de clarifier une entreprise politique qui repose précisément sur le flou, la dissimulation et la procrastination. Heureusement, il y a parfois des plombiers miraculeux taquinés par France Info, comme Olivier qui aime la réforme avec une telle passion qu'il assure la promotion avec talent, connaît les détails techniques et est prêt à faire des sacrifices financiers. Un plombier extraordinaire qui avait seulement oublié de nous dire qu'il était un dirigeant de La République en marche.

Mais il y a trop peu de plombiers comme Olivier, et cette première bataille de l'information, le gouvernement a perdu. C’est pourquoi les manifestations de jeudi et la grève seront massives. Mais une autre bataille s'annonce dans les médias. C'est la fameuse défense de l'utilisateur. Des microphones et des caméras signaleront sur les quais de la gare la dureté de nos vies pendant une grève. Le citoyen disparaîtra derrière l'utilisateur "pris en otage" par les nantis qui bénéficient du double privilège de bénéficier d'une pension spéciale et du pouvoir de faire grève. Nous connaissons la chanson. La question est de savoir si la grève est la faute des grévistes ou de ceux qui se sont lancés dans une entreprise que l'on se demande parfois s'ils ne le regrettent pas déjà.

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